Audit énergétique Charente
De nombreux établissements scolaires sont des passoires thermiques

Publié le 24 Octobre 2023

Si le terme de passoires thermiques est devenu presque courant et connu de tous, il reste principalement associé aux biens d’habitations. Pourtant, ce que l’on sait moins, c’est que les établissements scolaires français comptent aussi une grande majorité de passoires thermiques.

Laurent Jeannin, chercheur à l’université de Cergy-Pontoise, travaille sur la question. Il estime que « 60 à 70 % des collèges sont à rénover ». L’Ademe, quant à elle, avance que les bâtiments scolaires représentent une part d’environ 31 % du patrimoine des communes françaises, alors que ces mêmes établissements représentent 85 % de leurs consommations énergétiques. Un ratio bien trop important pour ne pas être pris rapidement en considération.

Des villes comme Marseille ou Montpellier font d’ailleurs souvent parler d’elles en la matière. Les évanouissements dus à la chaleur y sont fréquents en été. En 2022, une association montpelliéraine est allée jusqu’à poursuivre le maire et le préfet pour n’avoir pas protégé les enfants des effets de la canicule.

Si l’hexagone regorge d’autant d’établissements énergivores, c’est principalement parce qu’entre 1960 et 1990, les choix politiques ont conduit à lancer de nombreuses constructions d’établissements, souvent dans des délais courts, au détriment de certaines précautions, soit méconnues comme l’amiante et le réchauffement climatique, soit en raison de l’urgence du besoin. C’est ainsi que bon nombre de bâtiments ont été réalisés à l’aide de structures métalliques Pailleron, légères et abordables. Il n’est donc pas rare que ces établissements contiennent de l’amiante, du plomb, du plastique. Dans les années 1980, lorsque les collectivités sont devenues propriétaires des bâtis à la place de l’État, c’est l’écologie qui a été négligée, avec des constructions présentant de larges baies vitrées qui transforment aujourd’hui ces établissements en four lorsqu’il fait chaud.

Malheureusement, il est compliqué aujourd’hui de rénover ces établissements. Les coûts de rénovation dépassent souvent le prix d’une construction neuve ou de la réhabilitation d’anciens bâtiments plus adaptés, comme à Montpellier où plusieurs bâtiments militaires ont été réhabilités en établissements scolaires.

Le gouvernement a annoncé un plan « 10 000 écoles », qui vise à rénover 10 000 établissements scolaires d’ici à 2027 avec une enveloppe de 2 milliards d’euros. Mais de nombreux experts arguent qu’il faudrait prévoir un plan de 40 milliards pour atteindre les objectifs. L’enjeu est donc de taille. Ces rénovations devront être étudiées, programmées et accompagnées scrupuleusement pour s’assurer de leur efficacité.

« Retour aux actualités